
Guide des quartiers de Paris
Saint-Germain-des-Prés, Paris : Guide de quartier du secteur littéraire de la Rive Gauche
Entre les terrasses des cafés, les antiquaires et un jardin de 25 hectares, le 6e arrondissement demeure l'angle le plus chargé d'histoire de la Rive Gauche.
Au Café de Flore et aux Deux Magots, les serveurs en gilet noir portent toujours leurs plateaux devant les tables où Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir débattaient philosophie autour d'un café qui refroidissait. Les deux cafés sont distants de quarante-quatre mètres sur le boulevard Saint-Germain, et ce depuis plus d'un siècle — assez proches pour que les habitués choisissent leur camp comme d'autres quartiers choisissent leur équipe de football. Quelques rues plus loin, dans la galerie couverte de la Cour du Commerce Saint-André, Le Procope sert depuis 1686, ce qui en fait, selon la plupart des estimations, le plus ancien café-restaurant de Paris en activité continue. Saint-Germain-des-Prés n'a pas à forcer sa réputation ; il ne fait que dresser les mêmes tables qu'il a toujours dressées.
Ce qui change moins que prévu, c'est le rythme. C'est un quartier qui vit de rituels : des serveurs qui connaissent la commande d'un habitué avant qu'il ne la prononce, des antiquaires qui laissent volontairement leurs vitrines à moitié vides, un rythme sur le boulevard Saint-Germain qui ralentit en flânerie en milieu d'après-midi. La pierre est haussmannienne, couleur beurre pâle, et les rues se rétrécissent en une sorte de village à mesure que l'on s'éloigne du boulevard — et rien de tout cela n'est bon marché. C'est la Rive Gauche dans sa version la plus raffinée, et elle le sait.
Le quartier des cafés littéraires
La réputation du quartier s'est bâtie au milieu du XXe siècle, quand Sartre et Beauvoir s'installaient pendant des heures au Café de Flore et aux Deux Magots, travaillant, discutant, semblant ignorer totalement le café qui refroidissait. Il n'y avait pas que la philosophie — les caves du quartier, regroupées autour de la rue Saint-Benoît, accueillaient la scène jazz d'après-guerre, des pièces enfumées où un autre type de débat nocturne battait son plein. Même le vocabulaire de l'art du XXe siècle doit quelque chose à ces rues : on attribue généralement à Guillaume Apollinaire d'avoir inventé le mot « surréalisme » au Café de Flore, un mot lancé sur une terrasse qui finit par nommer tout un mouvement.

Ce poids littéraire reste lisible si l'on sait où regarder — une plaque, une table près de la fenêtre, le silence particulier de la salle des Deux Magots avant midi —, mais il ne bascule jamais dans le musée figé. Ce sont des cafés vivants, pleins d'habitués lisant Le Monde autant que de touristes retraçant le Paris de Hemingway, un équilibre qui empêche la mythologie de virer au kitsch.
Où manger et boire
Commencez par l'adresse qui a rendu célèbre tout un style de cuisine. Le Comptoir du Relais d'Yves Camdeborde, niché dans l'Hôtel Relais Saint-Germain au Carrefour de l'Odéon, est le lieu emblématique de la bistronomie — l'endroit auquel on attribue l'alliance de la technique gastronomique avec les assiettes et les prix du bistrot. Le dîner assis nécessite une réservation des mois à l'avance, mais l'astuce des habitués, c'est le bar attenant sans réservation, L'Avant Comptoir, qui sert les petites assiettes de la même cuisine à ceux qui acceptent de rester debout au comptoir.

Une courte promenade le long de la rue de Seine mène à deux autres piliers de la même tradition du bistrot de quartier. Fish La Boissonnerie est l'adresse fiable — un bistrot de la Rive Gauche axé sur une carte de vins de petits producteurs, en grande partie biologiques et biodynamiques, le genre d'endroit où l'on peut se rendre un mardi sans consulter les avis. De l'autre côté de la rue, son homologue plus ambitieux, Semilla, pousse la cuisine plus loin et se fournit en vin chez La Dernière Goutte, juste à côté, ce qui en dit long sur la synergie de ce tronçon de la rue de Seine : restaurants, caves et cuisines s'appuient les uns sur les autres à moins de cent mètres.
Pour quelque chose de plus ancien et de plus bruyant, la Brasserie Lipp sert choucroute garnie et tête de veau sous l'œil de serveurs à pin's numérotés depuis 1880, sa salle Art nouveau à peine modifiée depuis. C'est du théâtre de brasserie autant qu'un dîner — une salle qui récompense autant le regard que la dégustation.

Et puis il y a les deux cafés qui ancrent l'identité du quartier, le Café de Flore et Les Deux Magots, qui servent toujours le café que la génération de Sartre sirotait pendant des après-midis entières — plus cher qu'il ne devrait l'être, et qui vaut le coup une fois pour l'ambiance. Pour un Paris encore plus ancien, la salle du Procope, dans la Cour du Commerce Saint-André, est moins un restaurant qu'un morceau de XVIIe siècle qui continue d'accepter les réservations.

Vie nocturne : bars à vins plutôt que clubs
Saint-Germain-des-Prés ne fait pas de boîtes de nuit, et ne cherche pas à en faire. C'est un territoire de bars à vins et de cocktails, où la foule tardive est habillée pour dîner plutôt que pour danser, et où la soirée a tendance à s'achever en douceur plutôt qu'à atteindre un sommet. Le Castor Club, derrière de lourdes portes en bois rue Hautefeuille, sans enseigne pour le signaler, sert des cocktails sérieux dans une pièce décorée comme un pavillon de chasse depuis 2011 — le genre de bar qu'il faut déjà connaître pour trouver. Quelques rues plus loin, rue Mazarine, le Prescription Cocktail Club tient son propre bar façon speakeasy depuis 2009, tout aussi sérieux sur les boissons, tout aussi indifférent à la piste de danse.

Si vous venez du Marais ou de Pigalle en espérant une nuit qui dure jusqu'à l'aube, recalibrez vos attentes : ici, on ferme plus tôt, et c'est précisément le but. La version locale d'une grande soirée, c'est une bonne bouteille et une longue conversation, pas une file d'attente.
Que faire
Le Jardin du Luxembourg est le véritable salon du quartier, situé à la lisière sud de Saint-Germain-des-Prés, là où il rejoint le Quartier latin. Marie de Médicis a commandé les jardins de vingt-cinq hectares en 1612, et ce qu'elle a laissé derrière elle fait toujours exactement ce pour quoi cela a été conçu : un rucher en activité parmi les arbres, un verger planté de variétés de pommes anciennes, une roseraie formelle et — le détail dont se souviennent tous ceux qui y ont passé un après-midi — des chaises vertes en métal gratuites éparpillées autour du Grand Bassin, où vous pouvez vous asseoir et regarder les enfants pousser leurs voiliers sur l'eau près de la fontaine Médicis aussi longtemps que vous le souhaitez.

Pour quelque chose de plus intime et nettement moins fréquenté, le Musée National Eugène Delacroix occupe l'appartement et l'atelier du peintre, rue de Furstemberg, l'une des expériences muséales les plus petites et les plus calmes du centre de Paris — pas de file d'attente, pas de foule, seulement les pièces où l'œuvre s'est faite. Non loin, l'Église Saint-Germain-des-Prés est la plus ancienne église de Paris ; son clocher vert est le monument qui donne sa signature au quartier, et l'entrée est gratuite. Et pour finir, à la Cour du Commerce Saint-André, le passage couvert de 1776, dominé par Le Procope, mérite à lui seul une lente déambulation — l'un des derniers fragments intacts du Paris d'avant les boulevards haussmanniens qui ont tout découpé alentour.
Antiquités, design et rue marchande
La rue Jacob, la rue de Seine et la rue Bonaparte forment l'épine dorsale du quartier des antiquaires et du design, un enchaînement de devantures mêlant marchands de meubles du XVIIIe siècle et galeries contemporaines, dont beaucoup ont à peine changé de surface depuis l'essor des galeries d'après-guerre qui a rendu ce quartier célèbre. Le centre formel de ce commerce est le Carré Rive Gauche, un quadrillage compact de rues où les antiquaires se concentrent si dense que l'on peut, en un après-midi de marche, voir du mobilier, de l'orfèvrerie, de vieilles cartes et de l'art contemporain sans traverser une seule grande voie.

Ce n'est pas du shopping au sens de flânerie sur une grand-rue — la moitié des portes sont délibérément peu accueillantes, des vitrines à moitié vides censées signaler le sérieux plutôt qu'attirer le chaland. Mais cela fait aussi partie du théâtre, et même sans acheter, l'on peut passer une heure satisfaisante à regarder les vitrines le long de rues qui ressemblent à cela depuis des décennies.
Où dormir à Saint-Germain-des-Prés (6e arrondissement)
Soyez lucide sur le coût avant de réserver : c'est l'un des quartiers les plus chers de la Rive Gauche, et les prix le reflètent — une chambre double dans un hôtel de charme y coûte régulièrement plus cher qu'une chambre équivalente dans le Marais ou le 10e arrondissement. Ce que paie cette prime, c'est l'emplacement. Tout ce qui est décrit ci-dessus — les cafés, le jardin, les rues d'antiquaires, la salle du XVIIe siècle du Procope — se trouve à moins de quinze minutes à pied, la Seine et le Louvre étant aussi proches de l'autre côté.
Où loger ici
Hôtels à Saint-Germain-des-Prés (6th Arrondissement)
Nos hébergements les mieux notés dans ce quartier. Les prix sont des tarifs « à partir de » approximatifs — confirmés chez le prestataire lorsque vous continuez. Nous pouvons percevoir une commission si vous réservez via nos partenaires — sans surcoût pour vous.
Hôtel Regina Louvre
Hôtel Des Grands Voyageurs
Castille Paris – Starhotels Collezione
Hôtel du Louvre, in The Unbound Collection by Hyatt
Hotel Duquesne Eiffel
Citadines Les Halles Paris
Hotel Louvre Montana
Solly Hôtel Paris
Edouard 7 Paris Opéra
Hotel Westminster
Hotel Malte - Astotel
Hotel Atmospheres
Se déplacer
Trois stations de métro desservent le quartier, toutes à environ 400 mètres les unes des autres. Saint-Germain-des-Prés sur la ligne 4 se trouve en haut du boulevard Saint-Germain ; Mabillon sur la ligne 10 est à deux minutes plus au sud ; et Odéon, desservie par les lignes 4 et 10, vous dépose au Carrefour de l'Odéon, juste à côté du Comptoir du Relais. Entre les trois, presque tout le quartier est accessible à pied en moins de dix minutes depuis une sortie de métro. Pour les liaisons aéroportuaires, les RER B et C sont à quelques minutes de marche à l'est, à Saint-Michel Notre-Dame — de là, Orly est à environ trente minutes en tramway et train, ou quinze à vingt minutes en voiture, tandis que Charles de Gaulle se rapproche de quarante minutes à une heure en taxi selon le trafic, ou d'un trajet direct en RER B avec une marche à chaque extrémité.
C'est un quartier fait pour les pieds plus que pour les transports, de toute façon. Les distances sont courtes, les rues étroites, et tout l'intérêt de Saint-Germain-des-Prés réside dans cette version de Paris que l'on ne découvre qu'en y marchant lentement — devant les antiquaires de la rue Jacob, en traversant la Cour du Commerce Saint-André, pour ressortir sur le boulevard Saint-Germain où les deux plus célèbres terrasses de cafés de la ville sont toujours, comme toujours, à quarante-quatre mètres l'une de l'autre.
Bon à savoir
Saint-Germain-des-Prés (6th Arrondissement) — vos questions
Saint-Germain-des-Prés est-il un bon quartier où loger à Paris ?
Oui, si vous pouvez vous le permettre — c'est l'une des bases les plus centrales, piétonnes et classiquement parisiennes, avec la Seine, le Louvre et le Quartier latin à 15-20 minutes à pied. C'est aussi l'un des quartiers les plus chers, tant pour les hôtels que pour la restauration.
Pourquoi Saint-Germain-des-Prés est-il célèbre ?
Son histoire littéraire du milieu du XXe siècle — les repaires de Sartre, Beauvoir et Hemingway, le Café de Flore et Les Deux Magots —, ses antiquaires autour du Carré Rive Gauche et le Jardin du Luxembourg à sa limite sud.
Comment se rendre à Saint-Germain-des-Prés depuis l'aéroport Charles de Gaulle ou Orly ?
Orly est plus proche — environ 30 minutes en tram et train, ou 15 à 20 minutes en voiture. Depuis Charles de Gaulle, prenez le RER B jusqu'à Saint-Michel Notre-Dame puis marchez, ou prévoyez plutôt 40 minutes à une heure en taxi selon le trafic.
Est-ce que Saint-Germain-des-Prés est sûr à visiter ?
Oui — c'est véritablement l'un des quartiers centraux de Paris les plus sûrs et les plus aisés, avec une criminalité violente rare. La prudence habituelle contre les pickpockets sur les terrasses de cafés animées et dans les stations de métro reste néanmoins de mise.
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