À neuf heures du matin, la Voie Georges-Pompidou sous le Pont de Sully est plate, fermée aux voitures et assez calme pour que vous entendiez les péniches avant de les voir. De là aux Tuileries, c'est environ dix minutes à vélo et une bonne heure à pied, et cette heure se paie plus tard, dans les genoux, vers quatre heures de l'après-midi. Paris récompense la marche. Il ne récompense pas de tout marcher.
Combien coûte un Vélib et quelle somme est retenue sur votre carte
Vélib' Métropole (les vingt arrondissements, plus 64 communes au-delà du périphérique) est la raison pour laquelle une journée parisienne peut être réorganisée en fin de matinée. Environ 1 465 stations et 18 200 vélos signifient que vous pouvez commencer une balade n'importe où et l'abandonner n'importe où, ce qui est une proposition différente de la location d'un vélo à la journée qu'il faut rendre au magasin loueur. Vous n'êtes pas engagé pour la journée, seulement pour les vingt prochaines minutes.

Les tarifs sont assez simples à mémoriser. Un Ticket-V simple coûte 3 € et couvre un trajet allant jusqu'à 45 minutes. Un pass 24 heures est à 5 € pour les vélos mécaniques et à 10 € pour les électriques, et un pass 3 jours coûte 20 €. Au-delà de votre temps de trajet, le compteur tourne : 1 € pour chaque 30 minutes supplémentaires sur un vélo mécanique, 2 € sur un vélo électrique. Vous achetez soit à la borne de la station, soit dans l'application avec une carte bancaire, donc pas de file d'attente au comptoir ni d'horaire à respecter.
Ce qui surprend les visiteurs, c'est la pré-autorisation. Pour les cartes hors UE, un montant d'environ 300 € est généralement bloqué. Ce n'est pas un débit et il est libéré, mais si vous voyagez avec une seule carte de débit à solde serré, ce blocage peut faire la différence entre dîner ou non. Utilisez une carte de crédit si vous en avez une, et vérifiez que le blocage est levé avant de dépendre à nouveau du solde.
Deux habitudes valent la peine d'être prises dès la première balade. Stationnez tôt plutôt que de manière optimiste : une station qui affichait quatre places libres au départ peut être pleine à l'arrivée, et tourner autour d'une station pleine est le moment où le compteur de dépassement s'active. Et traitez les vélos électriques comme un outil pour les côtes plutôt que comme un choix par défaut. Le centre de Paris est plus plat que sa réputation ; la montée vers le 18e arrondissement et la montée depuis la rivière sont les deux endroits où le moteur justifie ses 5 € supplémentaires.
La colonne vertébrale fluviale de la Bastille aux Tuileries
Le Parc Rives de Seine (rive droite, le long de la Voie Georges-Pompidou) est l'endroit où un cycliste nerveux devrait passer ses premières trente minutes dans cette ville. C'est une ancienne voie rapide rendue aux piétons et aux roues : large, plate et sans carrefours. Vous pouvez aller de la Bastille aux Tuileries sans rencontrer un seul feu ni une seule traversée de circulation. C'est assez large pour deux de front presque tout le long ; les exceptions sont les rampes de retour au niveau de la rue, qui se rétrécissent, tournent et ont souvent quelqu'un qui descend. Ralentissez à une allure de tortue et vous n'aurez aucun problème.

Parcourue sans s'arrêter, cette portion prend environ un quart d'heure, ce qui reconfigure toute la journée. Le Marais, l'Île de la Cité et le Louvre cessent d'être trois sorties distinctes et deviennent trois points sur une même ligne. Si vous choisissez un hébergement avec ce genre de journée en tête, n'importe où à quelques rues de la rivière entre Bastille et Concorde vous met à cinq minutes d'une station—un critère utile à appliquer lors de votre recherche d'hôtels à Paris, car la marche vers le premier vélo est la seule partie de la journée que vous ne pouvez pas accélérer.
Sur la rive opposée, Rosa Bonheur sur Seine (rive gauche, amarrée sur le quai piétonnisé) est le seul bar de cette sélection que vous atteignez sans quitter l'itinéraire. C'est une péniche, l'entrée est gratuite, et il n'y a pas de réservation : vous venez et vous trouvez de la place, ou pas. La terrasse ouvre tous les jours à partir de midi ou 17h selon la saison, et la péniche elle-même est ouverte du mercredi au dimanche soir. La bière et le vin coûtent environ 5 à 8 €, les pizzas autour de 12 à 15 €, et il y a un vestiaire à 2 €. Une règle stricte a mis fin à de nombreuses soirées familiales sur le quai plutôt que sur le bateau : les moins de 18 ans ne peuvent pas monter à bord après 19h. Si vous roulez avec des adolescents, allez-y tôt et utilisez la terrasse.

Plus à l'ouest, l'Île aux Cygnes (l'Allée des Cygnes, sur la boucle fluviale ouest) est le coin le plus calme en cinq minutes dans le centre-ville. L'île artificielle a été créée en 1827 et plantée en 1870 de 322 arbres, et elle se déroule comme une seule promenade rectiligne au milieu de la Seine avec de l'eau des deux côtés. C'est d'abord une passerelle, ensuite une piste cyclable. Elle fait environ onze mètres de large d'une rive à l'autre, donc roulez en file indienne, et quand c'est bondé, descendez de vélo et poussez. Parcourir ses 800 mètres à pied ne vous coûte presque rien.

Une heure au nord le long du canal
Le Canal Saint-Martin (Quai de Valmy et Quai de Jemmapes, dans le 10e) est l'itinéraire nord-sud que le Métro vous oblige à prendre en morceaux incommodes. Parcouru de bout en bout, il relie République à La Villette en environ une demi-heure, passant sous les passerelles en fer et les écluses qui continuent de faire circuler l'eau pendant que les gens s'assoient au bord et regardent.

Le jour où vous le parcourez change complètement la balade. Dans le cadre du dispositif Paris Respire, les quais ferment à la circulation tous les dimanches et jours fériés de 10h à 18h, et jusqu'à 20h en été. C'est alors que le canal appartient aux vélos et qu'un groupe peut le parcourir confortablement, côte à côte, en bavardant. En semaine, c'est une autre rue : sections pavées, camions de livraison garés en double file devant les cafés, et piétons qui descendent du trottoir sans regarder. Cela reste faisable, mais roulez en file indienne et attendez-vous à poser un pied à terre.
À mi-parcours environ, la Pavillon des Canaux (côté canal, sur le Bassin de la Villette) est l'étape naturelle. C'est une maison reconvertie plutôt qu'un aménagement de café, donc les gens s'installent dans les pièces à l'étage, et c'est l'un des rares endroits de la ville où six d'entre vous peuvent s'asseoir ensemble sans avoir téléphoné. Café et pâtisserie coûtent environ 4 à 8 €, les plats 12 à 18 €. Les pièces à l'étage et la salle entière peuvent être réservées si vous voulez un coin privé pour un groupe ; pour une halte en cours de balade, l'accès sans réservation convient parfaitement.

Le canal vous mène au Parc de la Villette (19e), 55 hectares et le plus grand parc de Paris, gratuit et ouvert en continu. Ses allées sont pavées et assez larges pour qu'un groupe puisse rouler ensemble sans casser la formation, et il peut absorber n'importe quel nombre de personnes, c'est le but. Vous pouvez y arriver depuis le centre-ville entièrement en longeant de l'eau, puis vous arrêter, sans avoir besoin d'un plan pour la suite.

Si vous préférez un point d'arrivée avec une cuisine, roulez plutôt vers l'ouest jusqu'à la REcyclerie (18e, dans une ancienne gare désaffectée sur une ancienne ligne de ceinture). C'est une cantine et une ferme urbaine aménagée dans les quais, avec des plats principaux autour de 12 à 16 € et des boissons de 4 à 8 € ; elle accepte les réservations de groupe en soirée de cinq à quarante personnes dans trois espaces dédiés. La privatisation complète est réservée aux événements professionnels, alors ne vous attendez pas à réserver l'endroit pour un anniversaire. La station Vélib 18032 se trouve à la porte, ce qui la transforme de coup de dés en destination : vous vous garez, vous vous asseyez.

Vers l'est par Aligre et jusqu'au Bois
Commencez cette balade tôt. Le marché d'Aligre et le marché Beauvau couvert (12e, à quelques rues derrière la Bastille) proposent des étals en plein air du mardi au vendredi de 7h30 à 13h30, et jusqu'à 14h30 le week-end ; le hall couvert, lui, est ouvert du mardi au dimanche avec une pause l'après-midi. Les deux sont fermés le lundi. Arrivez avant dix heures si vous voulez avancer : en fin de matinée, les allées sont bondées et un groupe de cinq personnes devient un obstacle plutôt qu'une fête.
À trente secondes de là, Le Baron Rouge (Aligre, 12e) sert du vin directement au fût depuis 1991. Les verres démarrent autour de 3 à 5 € et les assiettes de charcuterie ou de fromage vont de 8 à 14 €. Pas de réservation et, de fait, pas de places assises ; à quatre ou cinq, vous serez à l'aise debout autour d'un tonneau ; à dix, vous serez sur le trottoir — ce qui, un dimanche midi (l'heure des huîtres et le moment le plus animé de la semaine), est de toute façon là où tout le monde se trouve.

En partant de la Bastille vers l'est, la tentation est la Coulée verte René-Dumont (12e, la voie surélevée qui part de la Bastille vers l'est), et c'est la seule chose à Paris qui fait régulièrement rebrousser chemin aux visiteurs. Les vélos sont interdits sur le tronçon du viaduc surélevé. La promenade plantée au-dessus des arches est réservée aux piétons, et c'est réellement contrôlé. Suivez plutôt la piste cyclable de l'avenue Daumesnil, juste en dessous, et rejoignez le parcours vert au tunnel de Reuilly : de Reuilly vers l'est, le vélo est autorisé jusqu'au Bois de Vincennes. Si vous voulez emprunter le viaduc lui-même, déposez les vélos à Bastille et parcourez ce kilomètre à pied, comme une promenade en soi.

Sur l'avenue Daumesnil, vous passez devant Ground Control (12e, dans les anciens bâtiments ferroviaires près de la gare de Lyon) : l'endroit le plus accueillant de ce quartier pour un groupe hétéroclite. Onze restaurants et sept bars sous un même toit, pas de réservation pour l'entrée générale, des assiettes de street food à environ 10 à 16 € et une bière autour de 6 €. Il y a aussi un sauna et des bains sur place si quelqu'un veut disparaître une heure. Le piège, c'est le calendrier — fermé lundi et mardi, ouvert mercredi et jeudi de midi à minuit, vendredi et samedi jusqu'à 1h, dimanche jusqu'à 22h30.

Continuez et la ville se termine au Bois de Vincennes, qui compte plus de quatre-vingts kilomètres de sentiers, largement sans voitures. C'est pourquoi c'est la plus grande balade facile depuis le centre : vous n'avez rien à négocier, il suffit de pédaler. Au Lac Daumesnil (Bois de Vincennes), vous pouvez louer une barque pour 15 € pour une ou deux personnes, 16 € pour trois ou quatre, plus une caution remboursable de 20 €. Les barques accueillent quatre personnes, plusieurs peuvent sortir ensemble pour un plus grand groupe, et il n'y a pas de réservation — c'est premier arrivé, premier servi. Vérifiez d'abord la saison : la location de barques s'arrête du 15 novembre au 15 février.
Quelques minutes plus loin, le Château de Vincennes (à la limite est du Bois) transforme la sortie en destination plutôt qu'en simple tour de parc. Le donjon médiéval est un site à voir en soi. L'entrée est à 13 € pour les adultes, gratuite pour les moins de 18 ans et pour les résidents de l'UE de 18 à 25 ans, et gratuite pour tous le premier dimanche du mois de novembre à mars. Il ouvre tous les jours de 10h à 17h du 23 septembre au 20 mai, et de 10h à 18h en été. Les tarifs de groupe et les visites guidées sont réservables auprès du Centre des monuments nationaux, ce qui vaut la peine si vous êtes plus d'une demi-douzaine.

Le détente à petit prix dans le 5e
Quand une balade s'éternise, le Salon de thé de la Grande Mosquée de Paris (5e, à deux minutes du Jardin des Plantes) est l'étape qui ne vous demande rien. Il est ouvert tous les jours de l'année, de 9h à minuit, sans réservation, et le thé à la menthe et les pâtisseries ne coûtent que quelques euros. Les groupes arrivent et trouvent de la place dans la cour, parmi les figuiers et les fontaines à carreaux de faïence. Il est juste à côté de la route des quais rive gauche, il s'intègre donc à la balade le long de la Seine sans détour, et six personnes peuvent s'asseoir à la dernière minute pour moins de 20 € à elles toutes.

Faire cette balade en groupe
Ce qui limite un groupe, ce ne sont jamais les vélos, c'est les stations d'attache. Une seule station a souvent moins de bornes libres que n'en compte un groupe de cinq au retour ; répartissez-vous donc dès le départ entre deux stations et convenez du point de rencontre à pied plutôt qu'aux bornes. Au-delà de quatre personnes, planifiez cela par défaut.
La deuxième contrainte, c'est le rythme. Dans chaque groupe, quelqu'un est plus lent sur un vélo qu'il ne le pense, et la solution honnête est de mettre cette personne sur un vélo électrique et les autres sur des vélos mécaniques : cela égalise les vitesses et évite l'effet élastique dans la circulation. Roulez en file indienne sur les quais du canal en semaine et toujours sur l'Île aux Cygnes ; roulez de front sur les Rives de Seine et dans la Villette, où il y a de la place.
Notes pratiques
Deux à trois heures de vélo suffisent pour parcourir l'un de ces itinéraires, pauses comprises. Les quais sont les plus déserts avant 10h et après 19h ; le canal est idéal le dimanche en période Paris Respire ; Aligre, c'est le matin, un point c'est tout.
Concernant l'argent, un pass mécanique de 24h à 5 € plus quelques dépassements donne une journée réaliste à 7–9 €. Prévoyez à part l'empreinte d'environ 300 € sur les cartes non européennes. Les marchés et le vin au comptoir du Baron Rouge préfèrent le liquide ; ailleurs, la carte est acceptée partout.
Notez les fermetures. Ground Control est fermé lundi et mardi. Le marché d'Aligre est fermé lundi. Les barques du Lac Daumesnil sont hors de l'eau du 15 novembre au 15 février. Les vélos sont interdits sur le viaduc de la Coulée verte.
Chaque itinéraire se termine près d'une station de métro ou de RER : si le temps tourne à la pluie ou si les jambes faiblissent, accrochez le vélo et rentrez en train. C'est l'argument en faveur du Vélib plutôt que de la location : vous pouvez abandonner la balade à tout moment sans devoir rendre un vélo. Pour le reste de la ville, les saisons et les endroits où s'asseoir, lisez le guide de Paris.






